Parkinson Alzheimer Épilepsie les différentes maladies du cerveau

            Les maladies neurologiques sont connues pour certaines depuis l’Antiquité. L’épilepsie ou « grand mal » est présentée pour la première fois dans des traités de médecine traditionnelle ayurvédique indienne dès 4500 av. J-C. Mais les troubles neurologiques restent encore bien souvent mystérieux et difficiles à soigner. Grâce aux découvertes médicales des deux derniers siècles et au développement des neurosciences, ces maladies bénéficient aujourd’hui d’une meilleure compréhension globale. On remarque que pour la plupart d’entre elles, le facteur génétique semble aussi important que les facteurs environnementaux. De plus ce sont principalement des maladies de l’âge qui augmentent aujourd’hui avec la durée de l’espérance de vie dans les pays occidentaux.

La maladie épilepsie

600000 personnes sont aujourd’hui touchées par l’épilepsie en France, c’est pourtant une maladie encore mal comprise. Caractérisée par des crises à répétition imprévisibles et brèves, l’épilepsie peut prendre des formes très diverses. On parle d’ailleurs « des » épilepsies. Ces crises brutales ont rendu cette maladie effrayante et quasi « mystique » au fil de l’histoire. Aujourd’hui, on sait que son origine est cérébrale et liée à des décharges électriques anormales, aux causes inconnues, au sein de réseaux de neurones.

Les différents types d’épilepsies

Les épilepsies peuvent être symptomatiques, c’est-à-dire qu’elles sont induites par une ou des lésions cérébrales, consécutives à une malformation congénitale, un traumatisme crânien, une tumeur ou encore une maladie neurologique. Considérées comme des épilepsies partielles, elles représentent environ 80% des occurrences chez l’adulte. Lorsqu’elles sont dites idiopathiques, les épilepsies présentent souvent une cause génétique non liée à une lésion cérébrale. Elles apparaissent souvent dès l’enfance. De nombreuses épilepsies restent encore aujourd’hui sans cause significative.

Les symptômes de l’épilepsie

L’épilepsie est souvent associée à sa manifestation la plus visible et spectaculaire, la crise convulsive généralisée. Cette perte de connaissance brutale, associée à une contraction musculaire et des secousses du corps, marque les esprits et peuple l’imaginaire collectif depuis des millénaires. Pourtant la crise peut se manifester sous différents symptômes, selon la zone du cortex cérébral touchée par la décharge électrique. On parle d’épilepsie partielle lorsque le point de départ de la décharge se trouve dans le cortex, mais son origine peut se situer dans d’autres parties du cerveau.

Ainsi d’autres symptômes peuvent apparaître comme des absences, des mouvements automatiques, des hallucinations sensorielles, ou des crises psychiques (peur soudaine, rire incontrôlable etc.) Les épilepsies sont multiples et imprévisibles, c’est ce qui fait leur danger.

Les traitements disponibles actuellement ont pour but de limiter en fréquence et en intensité les crises chez le malade. Malheureusement 30 % des épilepsies résistent encore aux médicaments.

 

Les traitements de l’épilepsie

Il est intéressant de noter que les traitements de référence des épilepsies, sont les mêmes que ceux utilisés pour soigner la bipolarité (ancienne psychose maniaco-dépressive, c’est un trouble de l’humeur caractérisé par une alternance plus ou moins rapide de phases de dépression, de phases d’excitation et de grandeur pathologique), et d’autres troubles de la personnalité. On ne connaît pas bien le mécanisme d’action sur ses pathologies psychiatriques des médicaments anti-épileptiques. Le rapprochement de ses différents troubles dans le fonctionnement de notre cerveau pose néanmoins de nombreuses questions.

La maladie d’Alzheimer

Découverte en 1906 par le médecin qui lui donna son nom, Aloïs Alzheimer, cette maladie est dite neurodégénérative de la vieillesse, c’est-à-dire qu’elle entraîne une destruction des cellules cérébrales qui évolue avec l’âge. Elle touche un peu plus les femmes que les hommes et possède vraisemblablement une origine génétique.

Les facteurs de risques de la maladie d’Alzheimer

 En effet si une personne de votre famille est touchée par cette maladie, le risque de la contracter est multiplié par trois. Si deux personnes ou plus la contractent, le risque est multiplié par 7. Il y a donc une incidence familiale de la maladie. Aujourd’hui plusieurs gènes semblent partager la responsabilité dans l’augmentation des risques. Mais les facteurs environnementaux jouent aussi un rôle très important, bien qu’ils restent sujet à débat parmi les scientifiques. Prenons les exemples de facteurs de risques donnés par la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau : « Un faible niveau de revenus et d’instruction, l’exposition à l’aluminium et aux solvants organiques, les microtraumatismes crâniens à répétition ou une moindre stimulation intellectuelle ».

Les troubles de la maladie d’Alzheimer

Les principaux symptômes qui apparaissent suite au déclenchement de la maladie sont les troubles de la mémoire. Facilement identifiables par le patient et son entourage, il convient de passer des tests auprès d’un médecin neurologue, et de réaliser une imagerie cérébrale pour confirmer le diagnostic. La mémoire n’est pas la seule à être atteinte, les neurones vont être peu à peu attaqués, créant des troubles du langage, de l’écriture, de l’humeur, et du mouvement, et des insomnies.

Un enjeu public

Cette maladie a un développement extrêmement rapide, la durée de vie d’un malade se situant entre 8 et 12 ans. Nous ne savons toujours pas comment la guérir actuellement. Véritable enjeu de société, intimement lié au vieillissement de la population, on estime qu’en France deux millions de personnes seront atteintes de cette maladie d’ici 2020. Or cette affection a aussi un impact énorme sur la psychologie et la vie sociale des accompagnants. En effet la perte d’autonomie rapide du malade nécessite un suivi permanent, et la famille est souvent en première ligne. Cela peut être une expérience très douloureuse, car le sujet ne se souvient rapidement plus de ses proches, et peut adopter un comportement inquiétant.

L’accident vasculaire cérébral (AVC)

 « L’accident vasculaire cérébral est la première cause de handicap acquis de l’adulte, la deuxième cause de démence (après la maladie d’Alzheimer) et la troisième cause de mortalité en France » selon le rapport 2009, Prévention et prise en charge des AVC en France, du ministère de la Santé.

L’apoplexie

Longtemps appelé apoplexie, l’AVC regroupe différents types d’accidents cérébraux, qui vont de l’obstruction à la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau. Il peut en résulter une hémorragie ou une baisse brutale d’oxygénation. Ces différents AVC ont pour même résultat un taux de mortalité très élevé si le patient n’est pas pris en charge immédiatement (on considère que ce sont la deuxième cause de mortalité dans le monde), mais aussi un risque de séquelles extrêmement important.

Ces dommages peuvent être irréversibles et conduire à différents handicaps selon la zone du cerveau atteinte. Les neurones touchés par la privation d’oxygène, vont rapidement mourir en entraînant des pertes cognitives et fonctionnelles, une des séquelles les plus connues étant la paralysie d’un côté du corps.

Néanmoins grâce à une rééducation adaptée, les fonctions cognitives perdues peuvent être récupérées grâce à la plasticité de notre cerveau, capable de recréer des connexions synaptiques perdues.

Les facteurs de risque de l’AVC

L’âge est un facteur de prévalence de l’apparition des AVC. Le risque de faire un AVC est multiplié par deux tous les dix ans, et ce dès l’âge de 55 ans. Comme pour d’autres maladies vasculaires, les facteurs de risques sont connus. Ainsi le sucre, le tabac, l’alcool, une mauvaise hygiène de vie ou encore la sédentarité sont responsables d’une partie des AVC.

La maladie de Parkinson

Affection dégénérative du système nerveux central, elle a été découverte en 1817 par un médecin anglais, le Dr Parkinson. Cette maladie s’attaque aux neurones responsables de la production de dopamine, un neurotransmetteur (molécule chimique chargée de transmettre des informations entre les neurones) impliqué dans les circuits du plaisir et de la motivation.

Maladie de Parkinson symptômes

La baisse de production de dopamine a des effets désastreux sur le fonctionnement de notre cerveau et entraîne de graves troubles cognitifs.

Les trois principaux symptômes sont une lenteur et difficulté du mouvement, une rigidité musculaire touchant à la fois le rachis et les membres et des tremblements réguliers des membres qui se présentent sous forme de cycles.

Gènes et environnement

Très rare avant 45 ans, la maladie atteint son paroxysme autour de 70 ans, avec 1 % de la population atteinte. Avec le vieillissement général de la population, Parkinson est aujourd’hui un enjeu de santé publique dans les pays occidentaux.

Les causes environnementales sont quant à elle multiples et restent encore à étudier. Les pistes à suivre sont selon la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau : « exposition aux métaux lourds, pesticides et herbicides, chocs à la tête (traumatismes crâniens comme chez les boxeurs), micro-infarctus cérébraux, neurotoxines qui pourraient être d’origine virale ».

Le traitement de Parkinson

Le traitement de référence est à base de dopamine (la L-Dopa), mais il entraîne bien souvent des effets secondaires indésirables. Il est aujourd’hui possible d’utiliser une stimulation cervicale électrique profonde (grâce à des électrodes placées sur le cortex). Cette opération donne de très bon résultat.

Un encéphale fragile

Grâce à ces quatre exemples de maladies neurologiques, nous pouvons observer que le cerveau est un organe d’une extrême fragilité. Susceptible aux chocs et traumatismes crâniens, ainsi qu’à l’influence de notre environnement (la nourriture que nous ingérons, la pollution, notre santé physique, le stress etc.), il est de plus très sensible au passage du temps et perd graduellement de ses facultés avec l’âge.

Que le facteur génétique soit plus ou moins important que les facteurs environnementaux ne change rien à la situation. Nous devons prendre soin de notre cerveau. Le protéger et le nourrir, en menant une vie aussi saine que possible, en évitant les situations stressantes et la sédentarité excessive. Nous devons surtout le faire travailler régulièrement tout au long de notre vie pour combattre la dégénérescence cellulaire de nos neurones, et stimuler sa plasticité cérébrale.

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